Le moto club cross de Croisilles presente toutes ses condoleances à la famille et aux amis de JASON voici l'article de la voix du nord.
MOTO Jason Denys, petit « Sandboy », est mort hier matin Il était monté sur sa première moto à six ans, dans la concession familiale. Depuis, Jason Denys rêvait de gagner l’Enduropale. Une bosse, la semaine dernière sur la plage de Berck, en aura décidé autrement. Très gravement touché, le jeune homme de Créquy est mort hier matin à seulement 18 ans. « Surtout, surtout, dites bien que c’était un guerrier, un battant. La moto, c’était sa passion. » Valérie, la maman de Jason, ne voulait pas, hier, que l’on tombe dans la guimauve pour parler de son fils qui a mené son dernier combat, à l’hôpital d’Amiens, avec la même ténacité que dans ses courses. Muré dans un corps entièrement paralysé depuis sa chute, dimanche, après s’être fracturé les vertèbres du cou, il a été fidèle à sa devise : « Il ne suffit pas de vouloir, il faut vouloir à tout prix. » Jeudi, toute la journée, il a reçu ses amis proches pour les voir une dernière fois. Parce qu’il savait, comme ses parents, que le temps lui était compté. « On aurait aimé passer chaque seconde avec lui, avoue Valérie. Mais un jeune de 18 ans préfère voir ses copains… Il était conscient qu’il disait adieu à tout le monde. Il a eu un petit mot pour chacun.
» Dans la soirée, son état s’est brusquement aggravé. Après une nuit éprouvante en réanimation, Jason est décédé au petit matin, entouré de ses parents. Il ne succédera jamais à son idole, Arnaud Demeester, au palmarès du Touquet. « Il était tellement content d’y participer pour la première fois cette année, se souvient Valérie. Mais il n’a pas fait un tour. Une autre moto l’a percuté et a cassé son radiateur. Il était fort déçu, mais quand il a appris la blessure de Benjamin Schots, il m’a dit qu’il avait de la chance de n’avoir cassé que sa machine. » Trois mois plus tard, lui aussi a chuté, plus gravement encore.
« Il ne lâchait rien »
Depuis hier, le monde de la moto est en émoi. « C’est horrible. Il y a un sentiment d’injustice, disait Arnaud Demeester. Des gamelles, il en a pris d’autres, bien pires que celle de dimanche. » Le motard dunkerquois était allé voir le gamin à Amiens jeudi. « Il m’a dit de gagner encore des "Touquet" pour lui. Voir un garçon comme ça dans son lit et apprendre sa mort le lendemain, c’est terrible. C’était un sacré motard. Il y mettait tout son coeur. Il était capable de gagner l’Enduro. » Même sentiment chez Timoteï Potisek, abattu, qui était son professeur lors de stages de moto. « C’était un battant. Il avait un pilotage agressif. Il ne lâchait jamais rien. Maintenant, si c’était pour rester tétraplégique, on se demande si ça n’est pas mieux comme ça. » Frédéric Schots, le père de Benjamin, qui se remet de sa chute à l’Enduropale, a lui aussi rendu visite à Jason, à Amiens. « Franchement, c’est cher payé pour une chute comme ça. C’est un gamin qui avait une niaque impressionnante. Je pense à ses parents, qui sont extraordinaires. Il faut qu’ils tiennent le coup. Je leur souhaite beaucoup de courage. » •
CARINE BAUSIÈRE ET VALÉRY DUHAUT Les funérailles auront lieu mercredi, à 14 h 30, à l’église de Fruges.
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